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Le premier débat de la présidentielle française ne réunissait que cinq candidats: François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen.

KEYSTONE/AP AFP POOL/PATRICK KOVARIK

(sda-ats)

La candidate de l'extrême droite à la présidentielle française Marine Le Pen, donnée qualifiée au second tour, a concentré lundi les critiques de ses adversaires lors d'un débat TV à un mois du premier tour du scrutin. Emmanuel Macron a été jugé le plus convaincant.

Ce débat marquait le véritable lancement d'une campagne jusqu'à présent dominée par l'inculpation du conservateur François Fillon dans une affaire d'emplois présumés fictifs.

Donnée en tête du premier tour le 23 avril dans les sondages d'opinion, la chef du parti Front national (FN), 48 ans, a été attaquée sur sa conception de l'immigration, de l'éducation et de la sécurité par les quatre autres candidats invités à débattre sur la chaîne de télévision privée TF1.

Burkini

Présenté comme favori pour affronter Marine Le Pen au second tour le 7 mai, le centriste Emmanuel Macron, 39 ans, a accusé sa rivale de chercher "à diviser la société" lors d'une passe d'armes sur le burkini, tenue de bain intégrale dont le port a fait polémique en France l'été dernier au nom de la laïcité.

Sur le chapitre sécuritaire, alors que la candidate d'extrême droite venait d'évoquer sa volonté de construire "40'000 places de prison" supplémentaires, le candidat conservateur François Fillon a estimé qu'il s'agissait de "promesses qui ne seront pas mises en oeuvre".

"Je propose 16'000 places de prison", a réagi le candidat de la droite, qui prône le "redressement" de la France avec un programme d'austérité qu'il qualifie lui-même de "radical".

Dans un pays frappé par une vague d'attentats djihadistes sans précédent en 2015 et 2016, l'attaque samedi d'une patrouille militaire par un délinquant se disant prêt à "mourir" au nom d'Allah a ravivé les craintes sur la sécurité. De récents faits divers, comme la fusillade dans un lycée du sud-est la semaine dernière, alimentent aussi le discours sécuritaire de l'extrême droite.

Dans le domaine économique, la chef de file de l'extrême droite s'est également fait étriller sur son projet de sortie de l'euro. "Le vrai serial killer du pouvoir d'achat, c'est Mme Le Pen avec la sortie de la zone euro", a lâché François Fillon.

Affaires judiciaires

"Tous ceux qui voulaient le Brexit se sont 'carapatés' et n'ont pas voulu être au pouvoir", a renchéri M. Macron, partisan d'"une France forte dans une Europe forte".

Les échanges de ce premier débat présidentiel ont aussi porté par allusions sur les affaires judiciaires visant directement les candidats Fillon et Le Pen.

François Fillon, inculpé mi-mars pour "détournement de fonds publics", est apparu à l'aise et à l'offensive dans les échanges. Celui qui avait fait de la probité en politique un thème-phare des premières semaines de sa campagne a dénoncé "un assassinat politique" à son encontre.

Se joignant au concert de critiques contre Mme Le Pen, le socialiste Benoît Hamon, 49 ans, quant à lui accusé Mme Le Pen d'être "droguée aux pages des faits divers". Il avait un peu plus tôt qualifié de "nauséabonds" ses propos sur l'école. La fille du cofondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, est elle, aussi visée, par des affaires d'emplois fictifs et de financement illégal de campagne

Le représentant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, a appelé les électeurs à "récompenser les vertueux", leur demandant de faire la différence entre ceux qui, parmi les candidats, sont concernés par les affaires judiciaires et les autres.

Macron le plus convaincant

Emmanuel Macron a été jugé le candidat le plus convaincant à l'issue du débat télévisé. Avec 29% d'avis favorable, il devance Jean-Luc Mélenchon (20%), puis François Fillon et Marine Le Pen, à égalité à 19%. Le candidat socialiste, Benoît Hamon, arrive en dernière position à 11%, selon un sondage Elabe pour BFM TV.

Après des primaires à droite et à gauche, qui ont scellé la défaite surprise des favoris de chaque camp - l'ex-premier ministre conservateur Alain Juppé et l'ex-premier ministre socialiste Manuel Valls -, l'incertitude continue de planer sur l'issue du scrutin.

Pour la première fois, cinq candidats sont crédités de plus de 10% des intentions de vote le 23 avril. Selon les sondages, 40% des électeurs peuvent encore changer d'avis et seuls deux tiers sont certains d'aller voter au premier tour.

ATS

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